C'est étrange, de penser que c'est perdu... Que c'est fini simplement, que c'est envolé, qu'un charme s'est rompu, qu'une magie a disparu, et que ça ne reviendra sans doute plus. Ca m'en brise le coeur. Ouais je sais je sais, ça a pas l'air. C'est drôle, j'ai peu de choses qui me structurent, une pointe de sérieux, ou plutôt une pointe de non-partage-en-couille, peut être deux ou trois lieux qui me caractérisent et me sont constitutifs, un seul ami et à part ça, électron libre - c'est étrange, je sais pertinemment quand je l'écris que c'est faux, pas dans le sens où je mens mais dans le sens où être réellement indépendant de tout, ça n'existe pas, mais après tout, moi je le sais et vous vous êtes des débiles attardés à l'intellect faiblard, enfin j'ai juste pas envie de me fatiguer à expliquer le sens de chacune de mes phrases, il y a bien longtemps que pour moi la communication ne remplit plus son rôle premier, communiquer, tellement je mets de concepts dans mes mots (quoique si peu) et tellement vous ne cernez rien, alors bref, comprenez ce qu'il vous plaît -, et puis quoi d'autre, un vocabulaire quelque part ou non plutôt un comportement, une éthique, et on peut aussi dire un optimisme. Et puis ça... Quoi ça? Connard relis les deux premières phrases, on est 6 lignes en dessous seulement, quand je dis que vous ne lisez pas... Ca, mais c'est quoi, ça? Boaf c'est rien, rien d'incroyable. Enfin si, ou plutôt ça l'a été, parce qu'assurément, maintenant ça n'est plus rien... En fait, c'est comme si je reposais sur quelques piliers, il y en a un qui est tombé, et je vais tout faire voler en éclats si un autre tombe... J'ai du mal à écrire ce soir. Ca fait plusieurs jours que je dors mal, très mal, j'ai souvent mal au ventre, mes yeux voient de moins en moins net, souvent j'ai l'impression que mes tempes vont exploser, je mange beaucoup, beaucoup de conneries, j'ai besoin de me laver les mains souvent, j'ai tout le temps très chaud ou très froid, je sens de nouvelles odeurs alors que j'ai toujours été très peu sensible du nez, je ne me sens plus bien dans aucune de mes fringues (à l'exception d'un jean), et la musique me fait moins vibrer. C'est la première fois de ma vie que je suis obligé de bosser, que je m'y force plutôt, c'est peut être pour ça, je sais pas, j'en doute, je pense plutôt que c'est à cause de ce 'ça', le 'ça' de là-haut... Ouais je sais, 'ça', c'est vague, c'est deux choses, une première que je pourrais pas définir, et une seconde qui est comme un charme, en fait plus une sorte d'état de fait, comme un pacte entre vous et moi, je ne parle plus, je l'ai déjà dit avant, mais avant je voulais signifier que je ne communiquais plus, que je n'essayais plus de transmettre, mais maintenant je ne parle presque plus, au vrai sens du terme, je reste silencieux, je dis le moins possible, plus de remarques à la con pour meubler l'atmosphère, plus de phrases pour faire genre je m'intéresse à ta vie, pour faire genre je m'intéresse à quelque chose qui pourrait t'intéresser aussi pour qu'on puisse essayer de trouver un terrain d'entente : un sujet de discussion commun pour pas laisser un vide si lourd de significations mais si vrai planer entre nous. Il y a bien encore quelques personnes avec qui je n'y arrive pas, avec qui je me sens obligé de faire semblant de rire ou d'être intéressé, de peur de les blesser, mais si peu, et ça aussi me passera. Et je m'en fous si les gens se sentent mal à l'aise quand je suis là. Quelque part je le faisais avant aussi lorsque je me baladais sans arrêt avec mon casque sur les oreilles, mais maintenant je suis encore plus franc, pas de casque, je te regarde et je ne parle pas, comment-tu réagis? En victime, en pur esclave hégélien. Oui j'aime beaucoup Hegel, il a déchiffré avec sa dialectique une clé de l'humain mais c'est étrange qu'il ne l'ai vu que dans les rapports socio-politiques pourrait-on dire, et qu'il ne l'ai pas constaté dans les rapports humains au quotidien, je me place en maître et toi tu ne veux pas de conflit, tu es bien en esclave, soit, mais ta mise en esclavage est consentie et en ce sens je crois que tu peux faire une croix sur ta conquête de la liberté par ta maîtrise de la nature, au final je ne suis plus libre que toi que parce que tu n'es plus un esclave mais une vraie victime, j'entends par là un esclave consentant. Et toi qui me lis et me connais, tu pourras bien penser que je me monte la tête à me croire supérieur, mais de nous deux, il doit bien y en avoir un supérieur à l'autre, or on se croit tout deux supérieur à l'autre, c'est logique, mais ça ne marche pas et il y en a un de nous deux qui se fait un film, on dira ce qu'on veut, mais moi je sais lequel... Mais en bon prince, je t'avoue que je ne tire rien de cet état de fait, il ne m'apporte rien et m'ennuie, rien de plus... De quoi je parlais? A force de digresser... Je ne voulais rien dire de particulier quand je me suis mis à écrire - peut-être le fait que dans un mois je saurais, et que six mois plus tard peut être vous saurez, et qu'alors dans sept mois peut être vous pourrez me retrouver aux enfers, je vous dirais si c'est plutôt l'Elysée ou l'Asphodèle - juste passer le temps, rien de plus, on en a tellement et si peu... C'est intéressant le temps aussi... Et à ce sujet, ca fait bien trop longtemps déjà, et bien trop de temps aussi (je me demande comment vous pouvez encore me lire, ça en devient incompréhensible, comme pour la plupart des trucs que j'écris, je suis le seul à pouvoir comprendre cette dernière phrase, elle nécessite tout d'abord certaines connaissances pas incroyables, mais pas communes non plus, également la connaissance de ce dont je parle, et je pourrais être en train de parler de la dernière fois que j'ai mangé une crêpe comme d'autre chose, et enfin la connaissance de ce qu'il s'est passé,e t de mon point de vue de surcroit, pour que je sois en train d'en parler, et ça c'est clair je suis bien le seul à pouvoir comprendre... Par curiosité, quelqu'un me lit encore ou pas?), mais bon, pas le choix, c'est dommage...
dimanche 3 août 2008
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