Ya des jours comme ça où tout et tout le monde parait ligué contre vous, et d'autres où on semble avoir décidé de vous faire sourire... Parfois, ya des jours comme ça... Pour commencer je me demande si me faire aguicher par deux filles, une vêtue en nuisette rose et l'autre en cuir, devant une enseigne annonçant "hardcore sex" est flatteur ou non, dans la mesure ou c'est sans doute une partie de leur job, mais en même temps entre la tête harassée que je devais présenter et mon sac de cours ainsi que mon air qui fait difficilement âgé, je pense qu'elle ne devait pas réellement espérer me faire entrer... Celle en nuisette rose était au demeurant une jolie blonde, contrastant du tout au tout avec le délicat et distingué geste qu'elle m'a adressé, à savoir celui d'une main en forme de tube faisant des allers-retours... A ce propos j'ai toujours pensé qu'il faudra un jour que j'écrive à propos de la masturbation, bien que je sache que je serais loin d'être le premier ou le dernier ; quoi qu'il en soit j'hésite à vrai dire encore et toujours en quels termes. Là j'ai envie de dire que c'est sans nul doute une certaine empreinte sociale judéo-chrétienne qui affirme son emprise sur moi, en dilemme avec la libéralisation actuelle des moeurs - oui j'ai toujours autant de mal avec les filles de petite vertu, et je ne parle pas forcément de celles qui exercent, de façon disons 'officielle', le plus vieux métier du monde. Quant à ceux (je pense plutôt à "celles" en réalité) qui seraient choqués d'un tel sujet, je les renvoie au sonnet ci-dessous, au nom... sympathique. Je vous conseille fort de le lire avant de continuer à me lire. C'est fait? Bien. Il est de Verlaine et Rimbaud, de grands poètes, n'est-il pas? Et il est nommé Sonnet du Trou du Cul. Il faudra également un jour que je m'attarde sur la (f)utilité de la culture générale (imaginez moi avec un très, très grand sourire, là) ! M'enfin bref, non ce qui fait surtout plaisir, ça n'est pas le fait d'avoir été dragué par deux hôtesses, après tout... C'est quelque part tant et si peu, et pourtant. Un discret et lent clin d'oeil au premier croisement de l'escalator de la bibliothèque du Centre Pompidou, pas provoquant mais distingué, ce qui n'est pas donné à toutes, voilà qui est flatteur (ça ne serait pas le premier après tout, je ne vais pas non plus prétendre avoir ce plaisir à chaque fois que je croise une fille, mais ça m'est déjà arrivé), flatteur, mais mal calculé, et c'est son sourire, en réponse au mien, dans la pénombre du deuxième croisement de l'escalator, sourire gêné de la jeune fille prise à son propre piège, voici qui est réellement plaisant, qui m'insuffle comme une certaine confiance en moi d'une étrange force, le plaisir de me sentir presque auréolé d'une aura géniale. Bonne soirée, jolie fille.
Daft Punk vs MGMT - One More Time To Pretend (Immuzikation Mashup)
Quant au sonnet :
Obscur et froncé comme un œillet violet
Il respire, humblement tapi parmi la mousse
Humide encor d’amour qui suit la fuite douce
Des Fesses blanches jusqu’au cœur de son ourlet.
Des filaments pareils à des larmes de lait
Ont pleuré, sous le vent cruel qui les repousse,
À travers de petits caillots de marne rousse
Pour s’aller perdre où la pente les appelait.
Mon Rêve s’aboucha souvent à sa ventouse ;
Mon âme, du coït matériel jalouse,
En fit son larmier fauve et son nid de sanglots.
C’est l’olive pâmée, et la flûte caline ;
C’est le tube où descend la céleste praline :
Chanaan féminin dans les moiteurs enclos !
Paul Verlaine - Arthur Rimbaud
Je reposte ce billet parce que je l'ai modifié en y ajoutant un autre paragraphe, qui n'a pour lien avec le paragraphe précédent que le sonnet...
Je vais vous raconter une petite histoire : il y a fort longtemps de ça, environ sept ans à peu près, lorsque j'étais en classe de sixième, j'avais une prof de français acariâtre et détestable, presque délibérément méchante et conne... La connerie m'étonne souvent, parfois je me demande si les gens se forcent ou si c'est inné... Cette prof nous avait donné pour devoir d'écrire un sonnet, avec d'ailleurs assez peu de temps pour le faire, ce qui est assez vache à cet âge. Mais un vrai sonnet, qui respecte les règles, règles dont je me souviens encore, c'est pour dire à quel point ça m'a marqué : deux quatrains, des strophes de quatre vers, composés de rimes embrassées (c'est à dire de type A B B A) suivi de deux tercets, des strophes de trois vers, composés de deux rimes jumelles et une rime seule, la première rime seule devant rimer avec la dernière. Le tout en alexandrins. (Vous avez rien compris? C'est pas grave) Et le sonnet que nous devions écrire devait parler d'une personne qui nous était chère. Comme d'habitude j'ai fait ce que je sais le mieux faire : procrastiner (ça signifie remettre à demain ce que je peux faire aujourd'hui). Et je m'y suis mis le dernier soir, mais étonnement j'avais après de longs efforts réussi à pondre quelque chose de plutôt pas mal, sans doute désagréable à lire, je ne suis pas Baudelaire, mais au moins je respectais parfaitement toutes les règles à la lettre. J'ai déjà dit je crois que je me suis essayé à écrire de la poésie et que c'est extrêmement dur, du moins pour moi, en soulignant d'ailleurs au passage que si je n'aime que très peu la poésie, je respecte néanmoins les poètes pour l'énorme effort créatif que représente la poésie, non seulement pour respecter les règles mais en plus écrire quelque chose de beau. En fait j'apprécie qu'un seul poète, passons. Et donc j'avais écrit mon sonnet à propos de mon chien, Pop, qui était je crois à l'époque tout récemment décédé, ou alors n'en était plus très loin, et que j'adorais réellement. Alors sans doute mon sonnet devait être rêche à lire, mais il était on ne peut plus sincère. Et j'avais écopé d'une note qui devait tourner aux alentours de cinq (pour autant que je me souvienne dans toute ma scolarité, je n'ai jamais eu de note inférieure à celle-là, à l'exception peut-être de zéros pour devoirs ou livres de la documentation non-rendus), avec un commentaire me disant quelque chose genre : c'est dommage, les règles sont respectées et c'est assez bien, mais la consigne était d'écrire à propos d'une personne chère. Or j'avais écrit à propos d'un animal. Sacrilège. J'avais franchement été déçu de voir autant de stupidité, de puérilité me faire face, cette prof, bien plus grande que moi debout la main sur le coin de ma table, fière de pouvoir jouir de la supériorité qu'elle avait sur un pauvre gamin de onze ans comme moi. D'ailleurs maintenant que je repense à cet épisode, je me demande si ça n'est pas la première fois où j'ai blâmé le professeur pour la note que j'avais reçu, au lieu de me dire que j'étais le fautif. Un petit rebelle en puissance. Enfin bref, tout cela pour dire que quitte à recevoir une note honteuse alors que l'exercice était "assez bien" réussi mais que j'avais face à moi quelqu'un qui voulait faire le malin, j'aurais du lui donner à corriger soit un sonnet écrit par un vrai poète et qui rentrait dans les consignes (quoi qu'en réalité en rendant mon devoir je pensais sérieusement respecter les consignes, je tenais à mon chien bien plus qu'à de nombreuses personnes en ce monde), soit lui rendre le sonnet que j'ai recopié au dessus. Malheureusement j'étais trop jeune pour en avoir connaissance, c'est dommage, j'aurais bien aimé contempler le visage de ma prof le lisant.
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