mercredi 3 septembre 2008

Peace bro'

Autant cette meuf qui me brise les noix à me parler est à l'étranger (un étranger loin) et c'est à peu près normal qu'elle soit debout alors qu'il est six heures du matin ici en France, autant je devrais dormir depuis fort longtemps. Mais si cette charmante demoiselle qui ne parle que d'elle, et c'est d'ailleurs en ça qu'elle est gonflante ("un égoïste est quelqu'un qui ne parle pas de moi" je crois que c'est de Churchill, mais j'ai un doute), si elle parlait de moi, me demanderait ce que je fais éveillé à cette heure. Eh bien j'ai écrit. Enfin j'ai surtout flingué des écrits plus qu'autre chose. Et même après écrémages, ça reste nul, m'enfin, si ça vous plait...


Bon. Bah ca c'est fait. Maintenant va falloir passer à autre chose. Ca aura pris du temps, mais c'est fait. Je sais pas si c'est une bonne chose de faite, mais c'est réglé, on verra dans cinq, dix ou vingt ans ce que ca aura donné. Quelques regrets bien sur, mais en même temps, pas tellement le choix. Bordel mais qu'est ce que je suis en train de foutre là. Stop stop stop, ça va plus. Oula. Ca me manque tout ça. Les yeux bleus Isabelle a. Aucun rapport, bref. On perd son temps. Les cheveux au vent, une mèche dans la bouche, tout tient dans un regard, dans un sourire. Les soirs quand je m'ennuie, je me roule par terre. D'autres soirs je me mets du scotch partout sur la gueule. A quoi ça sert? A rien. En même temps les maths ça sert à quoi? Et l'homme il sert à quoi? C'est effrayant le bambin tout jeune tout mignon (j'aime le sens de ce mot, tout le monde semble avoir oublié ce qu'il signifie, mais là il est quelque part approprié) qui vous regarde avec les yeux en amande et vous demande "pourquoi?" et lorsque vous lui répondez, il vous redemande "pourquoi?" jusqu'au moment où vous lui répondez "parce que" et qu'il vous rétorque encore tout chou "parce que quoi?". Et là vous réalisez l'ampleur de votre ignorance, et de votre inutilité aussi. L'homme est un loup pour l'homme disait Hobbes, l'homme est un dieu pour l'homme disait Spinoza, moi j'ai remarqué que chaque homme est surtout un dieu pour lui-même, et que d'ailleurs on se dit parfois que certains auraient mieux fait d'être athées. D'autres soirs aussi, je me mets du scotch (whisky) plein la gueule, mais ça c'est une autre histoire. Ou sinon je dessine à la mousse à raser sur mon miroir. Je dessine une longue barbe et une coupe afro, ou les ornements des pharaons selon mon humeur, et je mets mon visage dedans. Je perds mon temps. Mais vous aussi. On perd mon temps en fait. Et toi et moi, sweetheart? Ben rien, tu perds notre temps.



Petite parenthèse :
Il me semblait avoir déjà parlé de cette citation que je trouve géniale dans le sens où on peut l'interpreter de deux manières, elle est je crois d'Ovide : "Toi tu regardes les courses, moi je te regarde." C'est aussi simple. Mais c'est que je deviendrais presque amateur de poésie moi. Comme je sais que vous l'êtes, voici pour vous :

Ce n'est pas par goût que j'assiste aux courses de chevaux renommés, mais je souhaite que celui qui a tes faveurs remporte la victoire.
C'est pour parler avec toi que je suis venu, pour être assis près de toi, pour que l'amour que tu m'inspires, tu ne l'ignores pas.
Toi, tu regardes les courses; moi, je te regarde ! regardons chacun ce qui nous plaît et que chacun en repaisse ses yeux.
Heureux ton cocher favori, quel qu'il soit !
T'a-t-il jamais regardée celui dont tu te soucies?
Si cela m'arrive, je conduirai avec fermeté les chevaux sortis des loges sacrées. Tantôt je lâcherai la bride, tantôt je fouetterai leur dos, tantôt je raserai les bornes, avec ma roue gauche.
Mais si, en pleine course, je t'aperçois, je lâcherai tout et les rênes oubliées me glisseront des mains.
Ovide, Les Amours, III, 2, 1-14

Et bref, il se trouve que je suis sur d'en avoir parlé, et donc je me suis rendu compte que j'avais jamais mis une énorme partie de ce que j'avais écrit (oubli), donc attendez-vous un de ces jours à voir un énorme pavé...