J'ai pas l'habitude de reposter immédiatement des morceaux que je viens de trouver, encore moins quand ils viennent de sortir, mais celui-ci est particulièrement inspirant, si vous vous amusez à lire ce que j'ai écrit en dessous, je vous conseille de l'écouter en même temps, c'est en l'écoutant en boucle que j'ai écrit (avec un remix soft de Greece 2000 aussi). C'est aussi une occasion de montrer aux nombreuses personnes qui m'avaient dit ne pas aimer du tout ce qu'il fait -lorsque j'avais changé mon nom pour le sien sur facebook- que Gui Boratto peut être plus qu'excellent.
Goldfrapp - A & E (Gui Boratto Remix) 128 kbps
Généralement, c'est quand je suis -ou que je devrais, plutôt- être en train de faire mon boulot de droit que je me demande à quoi je sers et à quoi ça sert de faire des études, tout ce genre de trucs. Je comprends parfaitement les archétypes que papa maman nous ont mis dans la tête, réussir sa vie, être heureux, fonder une famille et la protéger, etcaetera. Je trouve la série des simpsons assez badante à cet égard, ça donne pas super envie. Après tout, j'attends encore qu'on me démontre que c'est bien la bonne chose. Niveau conneries je suis un peu mère théresa, à savoir qu'à part l'alcool j'ai jamais rien pris -ce qui étonne régulièrement d'ailleurs- mais parfois je me dis que peut être que se tuer à coup de poudres et pilules diverses et variées est une solution tout aussi valable que de mourir d'un cancer du foie à 78 ans, qui sait? Si j'ai pas de problème avec le sang en petites quantités, j'aime pas tellement tout ce qui est gluant, mou, visqueux et gélatineux, pourtant je me rêve souvent sur un grand cheval blanc, un casque à plume et une armure dorée souillée par le sable, la sueur et le sang, une vocation professionnelle aujourd'hui irréalisable que d'être à la tête d'une charge de cavalerie fondant sur les Perses. En soit c'est stupide, si Alexandre allait en tête de ses armées, il aurait sans doute duré encore moins longtemps que le peu de temps qu'il a tenu. C'est un plan de carrière douteux que de finir empoisonné avant la trentaine. Pour revenir à ce que je disais, c'est aussi lorsque je dois faire mes devoirs de droit que j'ai généralement le plus envie d'écrire, d'allumer logic et de tenter de composer un peu, ou encore de mixer. Forcément, il me reste cinq heures avant que ne débute le cours et encore trois pages à rédiger, alors je remets mes envies à plus tard. Pour ne jamais le faire. Mes débuts en droit ont été assez douloureux, mais j'ai pris un rythme, sans doute un mauvais, puisqu'au final je bosse deux jours sur sept. Mais ce qui est particulièrement étrange, c'est que ces deux jours de travail annihilent toutes mes velléités de faire quelque chose d'utile du reste de mon temps. J'ai énormément calmé les sorties, déménagé dans un endroit moins pratique pour aller prendre des cafés avec des amis et fait exploser ma quantité moyenne de musique téléchargée. Néanmoins il y a deux autres circonstances atténuantes qui peuvent paraître tout à fait anodine mais qui je pense jouent un rôle important dans mon état un peu larvaire qu'on peut me constater du mardi au vendredi (sachant que je travaille surtout les dimanches et lundis), et c'est là que je vais un peu rajouter au mythe comme quoi je serais dingue. La première des deux circonstances en question est le fait que j'ai maintenant des volets à ma fenêtre, ce qui en soit me détache pas mal de la notion de temps qui passe. L'autre, c'est que là où j'habite maintenant, j'ai une baignoire plus petite et particulièrement désagréable dans laquelle je profite bien moins de mes bains. Et accessoirement je ne peux pas y prendre de douches sans inonder la salle de bains et le couloir. Je peux aussi ajouter que mon nouveau lit -à ressorts- est nettement moins agréable que le précédent -qui n'avait pas de ressorts. C'est un peu stupide mais je sens tout de même que je récupère moins. Tout ça pour dire qu'au final, concrètement, ça fait trois semaines que je n'ai rien fait d'utile de mon temps, et chaque lundi soir vers 10 heures je me dit que dès le lendemain après-midi je me dois obligatoirement d'enregistrer un petit set, au moins pour la forme, pour finalement me retrouver le lendemain à dormir, harassé par une nuit blanche à faire du droit. Je ne vais pas dire comme à mon habitude que je m'en tape, c'est faux, le nombre de journées improductives que j'ai eu depuis un mois aurait suffit à d'autres pour faire plein de trucs, et c'est dommage.
Il faut que je parle d'un phénomène particulièrement bizarre. Depuis l'époque où j'ai commencé à écrire, j'ai développé une manie, celle de penser les choses pas comme elles sont et comme je les vis, mais comme je les raconterais. En voyant un homme étrange au regard triste dessiner un truc sur un mur, quelqu'un de normal penserait je crois "pauvre homme, pourquoi fait-il ça?" tandis que moi je pense "la vision de cet homme armé d'un fusain mais au regard désarmé m'a particulièrement intrigué, parce que..." avant de continuer à détailler la scène et ce qu'elle m'évoque, comme si j'étais effectivement en train de l'écrire. Il parait que cette manière de voir les choses est commune à à peu près tous les gens qui écrivent ou plus généralement tiennent un blog, qui lors d'un voyage ne penseront pas "ce paysage est magnifique" mais "ça fera un super paysage à décrire pour mon prochain article". Au final, j'ai du avoir des centaines d'idées de fait, de scènes, de curiosités sur lesquelles écrire, pour effectivement n'en rédiger peut être que le cinquantième : j'ai même été inspiré par une grille qui fait office de balcon au dessus des rails de la ligne quatorze du métro parisien... Evidemment il est impossible de se souvenir de tout ce que je "rédige" dans ma tête, j'avais entrepris il y a quelques temps de noter des genres de titres sommaires de ce à quoi j'avais pensé. Mais il s'est avéré super dur d'écrire après coup, pour un résultat minable les quelques fois où j'ai essayé. Du coup maintenant j'ai une liste qui ne me sert à rien d'une petite trentaine de trucs qui m'ont inspiré pendant deux semaines environ, je vous en donne quelques extraits choisis et comment ils me sont venus (mais pas ce que j'en aurais dit parce que la plupart de ces sujets auraient pu m'inspirer de longs développements) : "«travailler plus pour tenter de gagner pareil»", c'était la une d'un journal, mais je crois me souvenir (pas sûr) que le paradoxe résidait dans le fait que c'était plutôt un journal de droite, "travaux devant la Société Générale", l'accès à l'un des distributeurs de la banque était obstrué par des travaux, justement quelques jours après le début des histoires de Kerviel ou de Madoff je sais plus, "Sylvie et les caleçons", le rappel d'une anecdote qui m'était arrivé dans un bus scolaire quand j'avais douze ou treize ans, une fille qui voulait voir les couleurs des caleçons des quelques mecs autour et j'avais refusé, je me serais amusé à expliquer pourquoi (Sylvie si tu lis ça, mon caleçon était noir...), "Courcouronnes bondoufle", le nom d'un patelin que j'avais vu sur un panneau d'autoroute en rentrant de vacances, "«Allez donc voir en Bulgarie s'ils ont moins cher»", un slogan publicitaire qui m'avait choqué, utilisé par une chaîne de supermarchés sur une gamme de leurs produits. A nouveau je me vois obligé de casser avec le rythme (si rythme il y a) pour me recadrer, si je parle de cette façon de penser que je trouve étrange, parce que je suis persuadé qu'avant d'écrire je réfléchissais autrement, c'est pour faire remarquer un truc, en parallèle avec ce dont je parlais au début. Le fait d'avoir un peu mis ma vie sociale en pause me pousse étrangement à constater que j'ai moins d'idées de sujets un peu paradoxaux à propos desquels parler qui me viennent à l'esprit. Je veux dire qu'étant donné que je sors moins, en soirée comme au quotidien, que je lis mes cours de droit ou le journal dans le métro avec mon nouveau casque sur les oreilles, qui couvre n'importe quel son extérieur (ce que ne faisait pas l'ancien), et que l'essentiel de mes sorties en ce moment sont mes allers-retours entre la fac et chez moi, je vois forcément beaucoup moins de choses. Et du coup je me surprend à écrire dans ma tête à propos de trucs banals, comme des affiches publicitaires lambda par exemple, affiches publicitaires qui sont notons le cependant des trucs la plupart du temps super intéressants et assez révélateurs de la plupart des vices humains.
M'enfin voila. Si vous vous demandez pourquoi j'ai écrit tout ça alors qu'au final je ne dis pas grand chose si ce n'est rien, c'est parce que j'ai une dissertation de droit à faire derrière, il me restait six heures, il m'en reste maintenant cinq...
Avant de terminer, je pense qu'il faut tout de même noter qu'il ne faut pas s'y tromper non plus, je ne me suis pas encore cloitré dans ma chambre non plus, c'est juste que je passe environ un week end sur deux à ne pas sortir, et que je ne prend plus que, quoi, un ou deux cafés par semaine, et à l'intention de mes amis je dirais qu'il faudra juste comprendre que maintenant si vous voulez me voir il vaut mieux me prévenir la veille -ou même avant- que le jour même...
Notes : Je vais tenter de prendre l'habitude de marquer la qualité audio de la musique que je poste. Oh et vous aimez les photos? Pour l'instant je les prends ici (n'allez pas voir tout de suite, je compte en utiliser encore quelques unes), j'aime beaucoup leur côté bucolique, ça change des nibards des droguées de fluokid ou des photos d'adeptes de la distorsion en plein saut, enfin je trouve...







